Le Logiciel Libre

Les logiciels libres, comme LibreOffice ou Firefox, et les systèmes (OS) libres, comme GNU/Linux, ont une valeur éthique, qui est de respecter la liberté des utilisateurs, de les encourager à partager ces logiciels avec tout le monde et de leur laisser tout contrôle sur leur informatique.

Les logiciels propriétaires (comme Word de Microsoft ou Photoshop d’Adobe) ou les OS propriétaires (comme Windows ou Mac ou OS X) ont des licences restrictives pour l’utilisateur et le code de ces programmes est tenu secret.

Ces programmes sont appelés logiciels ou systèmes «privateurs», au lieu de «propriétaires», par Richard Stallman (voir ci-dessous). En effet, aussi efficaces qu’ils puissent vous paraître, ils ont un défaut majeur : ils vous privent de votre liberté et vous ôtent tout contrôle réel sur les logiciels ou les systèmes, et partant sur votre ordinateur.

Les origines

stallman avec son Lemote Le mouvement du Logiciel Libre a été lancé en 1983 par un programmeur américain, Richard Stallman, qui se décrit naturellement comme un hacker car il a vécu dans une communauté d’informaticiens, où il était naturel de modifier et de partager le code des logiciels. Bien que tous les logiciels fussent sous licence propriétaire à l’époque, il n’y avait aucune interdiction de hacker le programme à sa guise (hacker=modifier et adapter à ses besoins).

Ici, vous le voyez avec son portable Lemote, matériel libre sans micro-code privateur (=firmware) (Indian Institute of Technology, Madras, Chennai, photo prise par Pratheesh Prakash, 5 février 2012, Wikimedia).

Ainsi, dans le labo informatique du MIT (Massachussets Institute of Technology) dans lequel travaillait Richard Stallman, il était naturel de modifier le code d’une imprimante qui avait tendance à bourrer, pour qu’elle soit utilisable par tous.

Un jour, la possibilité de modifier le code a été retirée à ces informaticiens. Xerox, qui employait pourtant des hackers de génie dans son labo, le Xerox PARC, a livré une imprimante laser au labo en refusant de donner le code source du pilote de l’imprimante et a interdit tout partage du code.

Cet incident a fait prendre conscience à Richard Stallman que les logiciels de son époque étaient en réalité hors du contrôle des utilisateurs (informaticiens, universitaires, scientifiques) qui restaient dépendants du bon vouloir des entreprises.

Stallman a donc décidé de lancer le mouvement du Logiciel Libre en commençant à programmer un nouveau système, libre, accessible à tous et en incitant chacun à participer à ce vaste chantier.
Ce système, c’est GNU, toujours bien vivant.

Stallman a également rédigé une licence libre, la GNU-GPL, qui en est à sa 3e version, pour donner une existence et un statut juridiques aux logiciels libres.

Linux, qui est maintenant le noyau du système GNU, fut ajouté en 1992, quand son auteur, Linus Torvald, jeune étudiant finlandais, a accepté de le publier sous la licence GNU-GPL.

Le Logiciel Libre et la philosophie

Ce qui est remarquable, c’est qu’un simple incident technique a donné à Stallman une conscience philosophique et politique de la liberté et l’a fait sortir de son labo de hackers pour faire un système pour tout le monde.

Passer de l’anecdote à la philosophie en codant, pour résoudre à la fois un problème technique et une question de philosophie, et de là une question juridique, en se passant du gouvernement, des représentants élus, d’une loi, c’est bien différent de la division du travail et de la hiérarchie du monde universitaire ou éducatif, et de nos «processus démocratiques».

Free Software

En anglais, «free» a deux sens : «libre» ou «gratuit», ce qui porte souvent à confusion.

Pour bien faire la distinction, les anglophones recourent parfois à des expressions :

  • «Free as in freedom» (liberté) ou «free as in free speech» (libre, comme pour la liberté d’expression) que personne ne peut confondre avec «free as in free beer» — aujourd’hui la bière est gratuite :-) (mais il y a aussi de la bière libre, «free as in free speech»)
  • Parfois, ils disent même : «Libre Software» :-)

Richard Stallman est à l’origine de la Fondation pour le Logiciel Libre : Free Software Foundation ou FSF.

Un de ses amis et co-rédacteur de la licence GPLv3, le juriste Eben Moglen et conférencier passionnant, a fondé le «Software Freedom Law Center», une organisation procurant assistance et défense juridique aux auteurs de logiciels libres.

Les logiciels qui sont gratuits mais pas libres s’appellent «Freeware» en anglais ou «gratuiciels» en français.

Pour aller plus loin

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