Auteurs et contributeurs de projets Libres, quittez Github

Github est une plateforme privatrice qui a beaucoup de succès auprès des auteurs et contributeurs de logiciels libres. Il est temps de publier ses programmes ailleurs et autrement. Quand un programme libre n’est pas sur Github, il est souvent sur Sourceforge et ce n’est pas mieux :-(

Carl Chenet a écrit un excellent article sur les méfaits de Github et « l’assoupissement » des gens du Libre qui l’utilisent. Cet article est paru sur Framablog sous le titre Github et les libristes : un danger et un défi (janv. 2016). Github utilise Git, programme libre, mais sur une plateforme faite avec du logiciel privateur et qui a maintenant recourt au Cloud d’Amazon.

Voici de larges extraits de cet article, dont j’ai partiellement modifié la tournure qui me paraissait peu claire :

Github, c’est une seule société commerciale de droit américain qui gère l’accessibilité à la majorité des codes sources des logiciels libres. Imaginons que certains de ces codes sources deviennent indisponibles, pour une raison politique ou technique :-(

[…] GitHub est aujourd’hui la plus grande concentration de code source du Logiciel Libre. Cela fait de lui une cible privilégiée. Des attaques massives par déni de service ont eu lieu en mars et août 2015. De même, une panne le 15 décembre 2015 a entraîné l’indisponibilité de 5% des dépôts. Idem le 15 novembre. Et il s’agit des incidents récents déclarés par les équipes de GitHub elles-mêmes. On peut imaginer un taux d’indisponibilité moyen des services bien supérieur.

Cette centralisation pose un problème supplémentaire, par la taille que Github a acquise. Les personnes n’utilisant pas GitHub, volontairement ou non, sont repoussées peu à peu dans une minorité silencieuse. Avec l’effet de mode, on n’est pas « dans le coup » quand on n’utilise pas GitHub, phénomène typique des réseaux sociaux propriétaires (Facebook, Twitter, Instagram).

En utilisant GitHub, vous subissez un logiciel privateur, dont le code source n’est pas accessible et qui ne fonctionne probablement pas comme vous le pensez. Vous y mettez du code sur lequel vous avez la main seulement quand vous êtes hors de Github. Vous communiquez également des informations personnelles (profil, interactions avec GitHub).

[Tout] logiciel privateur est une boîte noire communicante, qui met en danger la vie privée, détourne nos usages à des fins commerciales, gêne ou contraint la liberté de jouir entièrement de ce qu’on a acquis, etc.

Et surtout, il y a l’outil crucial propriétaire fourni par GitHub qui s’impose aux projets qui s’hébergent sur cette plateforme : le gestionnaire de suivi de bugs. […] [L]’infrastructure de GitHub elle-même, l’utilisation du gestionnaire de suivi de bugs de GitHub pose un problème incontournable. Les rapports de bugs sont la mémoire des projets du Logiciel Libre. Il constitue le point d’entrée des nouveaux contributeurs, des demandes de fonctionnalités, des rapports de bugs et donc la mémoire, l’histoire du projet qui ne peut se limiter au code seul. Il est courant de tomber sur des rapports de bugs lorsque vous copiez/collez votre message d’erreur dans un moteur de recherche. Mémoire précieuse non seulement pour le projet lui-même, mais aussi pour ses utilisateurs actuels et à venir.
[…]
GitHub propose d’extraire les rapports de bugs via son API, certes, mais combien de projets anticiperont une éventuelle défaillance de GitHub ou un retournement de situation arrêtant brusquement le service?? Très peu à mon avis. Et comment migrer vers un nouveau système de suivi de bugs les données fournies par GitHub ?

Finalement, l’utilisation de GitHub suit cette tendance de massification de l’utilisation d’Internet. Comme aujourd’hui les utilisateurs d’Internet sont aspirés dans des réseaux sociaux massivement centralisés comme Facebook et Twitter, le monde des développeurs suit logiquement cette tendance avec GitHub. Même si une frange importante des développeurs a été sensibilisée aux dangers de ce type d’organisation privatrice et centralisée, la communauté entière a été absorbée dans un mouvement de centralisation et d’uniformisation. Le service offert est utile, gratuit ou à un coût correct selon les fonctionnalités désirées, confortable à utiliser et fonctionne la plupart du temps. Pourquoi chercherions-nous plus loin ? Peut-être parce que d’autres en profitent et profitent de nous pendant que nous sommes distraits et installés dans notre confort ? La communauté du Logiciel Libre semble pour le moment bien assoupie.

Au lieu de réclamer des fonctionnalités à Github (qui s’en fiche royalement), allez sur de petites plateformes qui mettent Gitlab à votre disposition, comme Framasoft et d’autres Patachouz.

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